Les Histoires de ZMJ

Les Histoires de ZMJ

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Les Histoires de ZMJ vous relatent des faits historiques qu’on trouve dans la société actuelle ✨✨

23/08/2026

Au campus, quand Klein et moi nous croisions, nous faisions comme si nous ne nous connaissions presque plus. Parfois, nos regards se croisaient par hasard, notamment à la cantine, mais nous détournions rapidement les yeux. Nous nous évitions au maximum.

De mon côté, j’essayais vraiment de l’oublier et de passer à autre chose. Je me concentrais davantage sur mes études et je profitais du temps que je passais avec mes amies, Yashika et Milena.

Nous sortions souvent toutes les trois. Parfois, nous allions au cinéma, parfois au glacier, et d’autres fois au restaurant. Nous discutions, nous rigolions et nous profitions simplement de notre jeunesse. Tout cela m’aidait énormément à ne pas rester enfermée dans ma tristesse et à essayer de tourner la page avec Klein.

Et puis, sans même que je m’en rende compte, la fin de l’année est arrivée.

Nous avons toutes les trois validé notre année et sommes passées au niveau supérieur. J’étais heureuse pour nous, même si, concernant Klein, les choses n’avaient pas changé. Nous ne nous parlions toujours pas.

Avec le temps, j’ai fini par comprendre que je devais réellement avancer.

Un jour, j’ai pris mon téléphone et j’ai supprimé son numéro.

C’était peut-être un petit geste, mais pour moi, il représentait énormément. Je savais que je ne pouvais pas continuer à garder son contact alors que nous ne faisions plus partie de la vie l’un de l’autre.

Comme ma mère me l’avait proposé, nous avons également voyagé pendant les vacances.

Mon père, ma mère, mes deux petits frères, Karl et Louise, et moi sommes partis en Allemagne pour un mois.

Et franchement, ces vacances m’ont fait énormément de bien.

Je me suis complètement déconnectée de tout ce qui s’était passé avec Klein. Je découvrais de nouveaux endroits, je faisais du tourisme, je visitais les villes et les différentes attractions. Nous faisions aussi de petites sorties en famille.

Par moments, je passais mon temps avec mes petits frères. Ils étaient toujours là à me déranger, à me taquiner et à venir m’embêter quand j’essayais de me reposer. Mais malgré tout, j’adorais ces moments avec eux.

Nous mangions ensemble, nous faisions des promenades et nous profitions simplement de notre séjour.

Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais vraiment légère.

Ces vacances en Allemagne m’ont permis de prendre du recul et de profiter simplement de ma famille.

Un mois plus t**d, nous sommes finalement rentrés au Cameroun.

J’avais pensé à mes amies pendant tout le voyage, alors je leur avais acheté quelques petits cadeaux à Yashika et Milena.

À peine rentrée, elles sont venues me voir.

- Enfin ! Tu es revenue ! s’écria Yashika en me prenant dans ses bras.
-Tu nous as trop manqué, ajouta Milena.
-Vous aussi, vous m’avez manqué !

Je leur ai remis leurs cadeaux.

-Tenez, je vous ai ramené quelque chose.
-Awww ! Merci ! s’exclama Yashika en découvrant son cadeau.

Nous nous sommes ensuite installées pour discuter. Elles voulaient absolument tout savoir.

-Alors, raconte ! Comment c’était l’Allemagne ? demanda Milena.

Je me suis mise à leur raconter notre voyage, les endroits que nous avions visités, les sorties que nous avions faites en famille, les petites aventures avec mes frères et tout ce que j’avais découvert là-bas.

Nous avons parlé pendant des heures, ri comme avant et rattrapé tout le temps que nous avions passé loin l’une de l’autre.

À cet instant, je me suis rendu compte que j’avais vraiment commencé à aller mieux.

Je pensais encore parfois à Klein, bien sûr.

Mais cette fois, ce n’était plus la même douleur.

La rentrée universitaire avait enfin commencé.

Yashika, Milena et moi avions décidé de nous retrouver devant le portail de l’université, comme au bon vieux temps. Nous étions toutes les trois impatientes de nous revoir après les vacances.

Lorsque je suis arrivée, je les ai aperçues au loin. Nous nous sommes immédiatement précipitées les unes vers les autres et nous nous sommes serrées dans les bras.

-Vous m’avez manqué ! lançai-je en riant.
-Toi aussi ! répondit Yashika.

Après quelques minutes à discuter, nous avons commencé à nous diriger vers notre faculté.

C’est en chemin que nous avons croisé un ancien ami de Klein. Il marchait seul et, en nous voyant, il s’est arrêté pour nous saluer.

-Salut les filles !
-Salut ! répondit Yashika.

Nous avons échangé quelques mots avant que Milena ne demande :

-Au fait, Klein est où ? Ça fait longtemps qu’on ne l’a pas vu.

Son ami nous a regardées avant de répondre :

-Ah, vous ne savez pas ? Klein a changé de faculté. Il a même changé d’université.

J’ai senti mon cœur se serrer légèrement, mais j’ai essayé de ne rien laisser paraître.

-Ah d’accord, répondis-je simplement avec un petit sourire.

Yashika m’a lancé un regard discret, comme pour vérifier si j’allais bien.

-Bon… on y va ? demanda-t-elle.
-Oui.

Nous avons donc continué notre chemin.

Au fond de moi, cette nouvelle m’avait fait quelque chose. Mais je savais que je devais continuer à avancer. Klein avait choisi de sortir de ma vie, et je ne voulais pas revenir en arrière.

Les nouveaux cours ont commencé quelques jours plus t**d.

La rentrée s’est plutôt bien passée. Nous avons découvert nos nouveaux enseignants, commencé les cours, les TD et pris connaissance du programme de l’année.

Il y avait également beaucoup de nouveaux étudiants. Certains avaient rejoint notre filière et se retrouvaient dans notre classe pour la première fois.

Petit à petit, nous avons commencé à faire connaissance avec eux.

De nouvelles personnes sont entrées dans notre quotidien, de nouvelles discussions ont commencé et de nouvelles amitiés se sont formées.

Pour moi, cette nouvelle année représentait également un nouveau départ.

Je voulais me concentrer sur mes études, profiter de mes amies et surtout, ne plus laisser mon passé m’empêcher d’avancer.

Nous étions déjà très proches, toutes les trois, et comme chaque année, ma famille organisait le réveillon de Noël le 24 décembre.

Chez nous, c’était toujours un grand événement. Mon père invitait toute la famille, des amis proches et plusieurs connaissances. Comme il avait les moyens, mes parents faisaient toujours les choses en grand.

Cette année-là, j’avais donc invité Yashika et Milena, qui avaient toutes les deux accepté de venir.

La maison était magnifique. Il y avait des sapins un peu partout, des guirlandes, des lumières et toutes sortes de décorations de Noël. Un immense buffet avait été installé, des serveurs s’occupaient des invités et plusieurs prestations étaient prévues pendant la soirée.

Il y avait énormément de monde.

Avec Yashika et Milena, nous étions complètement dans notre élément. Nous avons commencé à rire, à chanter, à danser et à nous filmer. Nous prenions des photos et des vidéos que nous postions ensuite sur nos réseaux sociaux.

Nous passions vraiment un bon moment.

À un moment, ma mère a même commencé à aider les serveurs parce qu’il y avait tellement de monde que le service commençait à prendre du ret**d.

Elle donnait des directives aux employés.

-Servez d’abord cette table-là. Et faites attention aux boissons, il en manque encore.

Puis elle m’a aperçue.

-Elsine, viens m’aider un peu.
-D’accord, maman.

Elle a demandé à un serveur de prendre certains plats, puis elle a commencé à en porter elle-même.

-Laisse, je vais le faire avec ma fille.
-Mais madame…
-Ce n’est pas grave, on va s’en occuper.

J’ai suivi ma mère derrière la maison. Il y avait une sorte de grand espace où l’on avait entreposé une partie des plats, des assiettes, des couverts et tout ce qui était nécessaire pour le service.

Nous avons pris plusieurs plats avant de ressortir par l’arrière.

Derrière la maison, il y avait un grand jardin avec plusieurs espaces aménagés pour les invités. Il y avait notamment quelques abris et des coins où les gens pouvaient s’asseoir tranquillement à l’écart de l’agitation.

Ma mère marchait devant moi avec quelques plats.

-Maman, ce soir il y énormément d’invités hein!!!
-Je sais, ma fille. À chaque fois que toute la famille vient, ton père veut toujours faire les choses en grand. Avec tout l’argent qu’il a, il ne sait pas faire les choses à moitié !

J’ai ri.

-C’est vrai.

Nous avons continué à avancer lorsque, soudain, j’ai entendu des voix venant d’un coin du jardin.

Je me suis arrêtée.

-Maman…
-Quoi ?
-Attends…

J’ai tendu l’oreille.

Une voix venait de l’un des petits espaces aménagés au fond du jardin.

-Non, laisse… laisse…

Je ne reconnaissais pas immédiatement la voix.

-Allons-y, on va déposer les plats là-bas, dis-je.

Ma mère a continué à avancer.

-D’accord, viens.

Nous avons marché quelques mètres.

Puis j’ai entendu une voix que je connaissais parfaitement.

Je me suis arrêtée net.

-Attends…

Ma mère s’est retournée.

-Qu’est-ce qu’il y a encore ?

Je n’ai rien répondu. J’ai simplement avancé en direction des voix.

Plus je m’approchais, plus je distinguais les paroles.

J’ai finalement contourné l’abri.

Et là…

Je me suis figée.

Yashika était là mais pas seule avec mon père.

Et ils étaient en train de s’embrasser.

Mon cœur s’est arrêté pendant quelques secondes.

Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais.

-Yashika!

Elle s’est immédiatement séparée de mon père.

Puis, sans réfléchir, j’ai crié :

-Papa !

A suivre

23/08/2026

J’ai essayé de rester calme, mais je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il était en train de me dire.

-Attends… je ne comprends pas. Tu me dis quoi, là ?

Il m’a regardée sans rien dire pendant quelques secondes.

-C’est fini entre nous.
-Quoi ?
-Oui.
-Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Je ne t’ai jamais trompé, Klein. Je ne t’ai jamais manqué de respect. Alors pourquoi tu me fais ça ?
-Écoute, Elsine. Calme-toi, d’accord ? Je sais que tu as traversé un moment assez compliqué et que tu as eu peur pour moi. Je sais aussi que tu m’as porté secours et que tu es restée à mes côtés. Je sais tout ça.
-Alors pourquoi ?

Il a soupiré.

-Justement parce que je sais tout ça que je ne veux pas te faire plus de mal. Mais ce qui m’est arrivé m’a fait réfléchir à beaucoup de choses.
-Je ne comprends toujours pas.
-Je sais que tu as essayé de me joindre pendant que j’étais à l’hôpital. Je sais que tu as appelé mes frères. Je sais que tu t’inquiétais pour moi. Mais après ce qui s’est passé… certaines choses ont changé.
-Quelles choses ?

Il a baissé les yeux.

-Ton entourage.

J’ai froncé les sourcils.

-Mon entourage ? Tu parles de quoi ?
-En fait…Ton entourage est assez compliqué.
-Tu veux dire quoi par là ? Que mon entourage est toxique ?
-Ce n’est pas ce que je dis. Ce n’est pas forcément toxique. C’est juste… compliqué.

Il s’est interrompu avant de reprendre :

-Depuis ma maladie, beaucoup de choses ont changé. Ma mère ne voit plus certaines personnes de la même manière. Elle ne veut plus que je fasse certaines choses. Elle m’a fait comprendre que je devais prendre mes distances avec certaines personnes.
-Et moi, je suis dans ces personnes-là ?

Il n’a pas répondu immédiatement.

-Oui.

Cette réponse m’a fait mal.

-Pourquoi ?
-Parce que je pense que je peux être en danger à cause de toi.
-En danger ? Mais de quoi tu parles ?
-Je ne peux pas tout t’expliquer. Je sais seulement que je dois m’éloigner de toi.
-Mais tu ne peux pas décider ça comme ça ! On était bien ensemble !
-Je sais.
-Alors pourquoi tu me quittes ?

Il m’a regardée avec une tristesse que je ne lui connaissais pas.

-Parce que je ne veux pas qu’il m’arrive quelque chose.
-Mais je ne comprends rien à ce que tu me racontes !
-Je sais. Et je suis désolé.

Il a marqué une pause avant de poursuivre :

-Tu devrais aussi te rapprocher de Dieu. Tu dois beaucoup prier p pour ta famille, pour tes petits frères… mais je pense que tu dois aussi prier pour toi. Fais attention aux personnes qui t’entourent.

Je l’ai regardé, complètement perdue.

-Tu me fais peur, Klein. Pourquoi tu me parles comme si quelque chose de grave allait arriver ?
-Je ne veux pas te faire peur. Je veux simplement te protéger.
-Alors protège-moi en restant avec moi !

Il a secoué la tête.

-Ce n’est pas aussi simple.
-Donc quoi ? On ne se voit plus ? On ne se parle plus ?
-Je pense que c’est mieux comme ça.

J’ai senti mes yeux se remplir de larmes.

-Tu veux vraiment qu’on ne soit plus en contact ?
-Oui. Pour toi comme pour moi.

Je suis restée silencieuse.

Il a finalement ajouté :

-Ne pense surtout pas que je fais ça parce que je ne t’aime pas ou parce que tu as fait quelque chose de mal. Si je prends cette décision, c’est justement parce que je pense que rester avec toi pourrait me mettre en danger.

Je n’arrivais plus à retenir mes larmes.

-Je ne comprends rien…
-Je suis désolé, Elsine.

Il s’est éloigné, me laissant seule avec mes questions.

Je suis restée là quelques instants, les larmes aux yeux, incapable de réaliser que quelques minutes auparavant, j’étais venue heureuse de le retrouver et que maintenant, il venait de mettre fin à notre relation.

Après son départ, mes sont arrivées et elles
ont immédiatement remarqué que quelque chose n’allait pas.

Yashika s’est approchée de moi.

-Elsine, qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu es comme ça ?

J’ai essayé de retenir mes larmes, mais ma voix a tremblé.

-Klein a rompu avec moi.

Elle m’a regardée, choquée.

-Quoi ?! Mais pourquoi ?
-Je ne sais pas…
-Comment ça, tu ne sais pas ?

Milena s’est rapprochée à son tour.

-Attends… pourtant, quand il a fait son malaise, tu étais là. Tu es restée avec lui. Tu as même appelé sa famille. Comment est-ce qu’il peut simplement te quitter après tout ça ?
-Je lui ai posé exactement les mêmes questions. Mais il m’a parlé de choses que je ne comprends pas. Il m’a dit que mon entourage était compliqué, que sa mère ne voulait plus certaines choses… Il a même dit qu’il pouvait être en danger à cause de moi.

Yashika est restée silencieuse.

-Mais ça n’a aucun sens, finit-elle par dire.
-Je sais…

Milena m’a prise dans ses bras.

-Tu l’aimes vraiment, hein ?

J’ai hoché la tête, les larmes coulant sur mes joues.

-Oui… Et c’est justement ça qui me fait mal. Je ne comprends pas pourquoi il me repousse alors que je n’ai rien fait.

Nous sommes restées silencieuses quelques instants.

Pour la première fois depuis que je connaissais Klein, j’avais l’impression qu’il me cachait quelque chose.

Et plus j’y pensais, plus une question me revenait en tête :

Qu’est-ce qui avait réellement changé pendant ces quelques jours où il était à l’hôpital ?

Après cette conversation avec mes amies, je n’arrivais toujours pas à accepter la décision de Klein. Pour moi, notre relation ne pouvait pas se terminer comme ça. Nous avions tellement bien commencé. Nous nous entendions bien, nous étions heureux ensemble et je ne voyais aucune raison valable pour que tout s’arrête du jour au lendemain.

Le soir même, je lui ai écrit.

-« Klein, je ne comprends toujours pas pourquoi tu veux qu’on se sépare. Notre relation ne peut pas se terminer comme ça. On était bien ensemble. Si j’ai fait quelque chose qui t’a blessé, dis-le-moi. Je préfère que tu me le dises plutôt que de me laisser dans le doute. »

Il m’a répondu quelques minutes plus t**d.

-« Elsine, je t’ai déjà expliqué. Ma décision est prise. »

J’ai relu son message plusieurs fois.

-« Mais pourquoi ? Je tiens à toi. Je ne veux pas te perdre comme ça. »

Il a encore répondu.

-« Je suis désolé, mais il faut que tu acceptes ma décision. »

Je n’avais pas envie d’abandonner.

Je continuais donc à lui écrire, espérant qu’il finisse par changer d’avis. Au début, il répondait encore à mes messages, même si ses réponses étaient de plus en plus courtes et froides.

Puis, au fil des jours, il a commencé à prendre ses distances.

Je lui écrivais le matin, il ne répondait que le soir.

Puis il répondait le lendemain.

Et finalement, il ne répondait plus du tout.

Je continuais malgré tout.

-« Klein, s’il te plaît, réponds-moi. »

Rien.

-« Je veux juste comprendre ce qui s’est passé. »

Aucune réponse.

-« Tu ne peux pas simplement disparaître comme ça… »

Toujours rien.

Plus je lui écrivais, plus je sentais que je me faisais du mal toute seule.

Yashika a fini par me prendre à part.

-Elsine, il faut que tu arrêtes.
-Que j’arrête quoi ?
-De lui écrire constamment. Tu te fais du mal pour rien.

Je suis restée silencieuse.

-Je sais que tu l’aimes mais s’il ne veut plus de cette relation, tu dois respecter son choix. Tu ne peux pas forcer quelqu’un à rester avec toi.
-Mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi il me quitte…
-Je sais. Et peut-être que tu ne comprendras jamais. Mais plus tu insistes, plus tu vas te faire du mal. S’il ne te veut plus, laisse-le partir.

Ses paroles m’ont fait mal, mais je savais qu’elle avait raison.

Ce soir-là, j’ai pris mon téléphone et j’ai ouvert notre conversation. J’ai regardé tous les messages que je lui avais envoyés sans réponse.

J’ai eu envie de lui écrire une dernière fois.

Mais je me suis arrêtée.

Pour la première fois, j’ai compris que je ne pouvais pas continuer à courir derrière quelqu’un qui avait déjà décidé de partir.

J’ai posé mon téléphone sur mon lit et j’ai soupiré.

C’était difficile à accepter, mais je devais me rendre à l’évidence.

Klein avait fait son choix.

Et même si je l’aimais encore, je devais apprendre à accepter que notre histoire était terminée.

Un soir, j’étais dans ma chambre lorsque ma mère a frappé à la porte avant d’entrer.

-Ça va, ma chérie ?

J’ai essayé de sourire.

-Oui, ça va.

Elle s’est approchée de moi et s’est assise sur le bord du lit. Elle m’a observée quelques secondes avant de reprendre :

-Tu es sûre que ça va ?
-Oui, maman. Pourquoi tu me demandes ça ?
-Je ne sais pas… Je te trouve différente ces derniers temps. Tu es souvent calme, tu restes dans ta chambre et tu as l’air triste.

J’ai baissé les yeux.

-C’est rien.

Elle a soupiré avant de me dire :

-Elsine, tu sais que tu peux tout me dire. Qu’est-ce qui s’est passé ?

J’ai hésité un instant, puis j’ai fini par lui raconter ce qui s’était passé avec Klein. Je lui ai expliqué qu’il avait rompu avec moi après son séjour à l’hôpital, qu’il m’avait parlé de mon entourage, du fait qu’il pensait qu’il pouvait être en danger à cause de moi.

Ma mère m’a écoutée sans m’interrompre.

-Et tu sais ce qui m’a le plus intriguée ? Le jour où je suis allée le voir à l’hôpital, sa mère est arrivée avec un tradipraticien. Et cet homme m’a regardée avant de me dire : « Ma fille, rentre chez toi. »

Ma mère a légèrement froncé les sourcils.

-Un tradipraticien ?
-Oui.
-Et sa mère était là ?
-Oui. Et après ça, Klein a commencé à me parler de choses étranges. Il disait que mon entourage était compliqué…Je ne sais même pas ce que ça veut dire.

Ma mère a laissé échapper un petit rire.

-Ah pardon, mais il racontait des bêtises !

Je l’ai regardée, surprise.

-Maman…
-Ma fille, parfois, les gens disent tellement de choses quand ils veulent mettre fin à une relation qu’on finit par chercher des explications partout.

Elle s’est rapprochée de moi et a pris ma main.

-Tu sais, je suis ta mère, mais avant d’être ta mère, j’étais aussi une jeune fille. Une fille comme toi. Avant de rencontrer ton père, j’ai connu des jeunes hommes, j’ai eu des coups de cœur, j’ai aussi connu des chagrins d’amour.

Elle m’a souri tendrement.

-Alors ne pense pas que ce que tu ressens est anormal. Ça arrive à tout le monde.

Je suis restée silencieuse.

-J’ai remarqué que tu es triste depuis quelque temps. C’est justement pour ça que je suis venue te parler. Je voulais savoir ce qui n’allait pas.
-Je comprends, maman.

Elle m’a caressé doucement les cheveux.

-Alors écoute-moi bien. Même si cette relation est terminée, ce n’est pas la fin du monde. Ton véritable amour t’attend peut-être quelque part. Tu ne sais pas encore qui ce sera.

J’ai esquissé un petit sourire.

-Oui, maman.
-Et surtout, ne pense plus constamment à Klein.

J’ai baissé les yeux.

-C’est difficile… Je l’aimais vraiment. Et je pense que je suis encore amoureuse de lui.
-Je sais. Mais avec le temps, ça passera.

Elle a marqué une pause avant de poursuivre :

-Pour l’instant, concentre-toi sur tes études. Tu as tellement de choses devant toi. Tu as une famille qui t’aime et qui peut t’offrir beaucoup de possibilités. Ton père travaille dur pour que tu ne manques de rien.

Je l’écoutais attentivement.

-Tu sais très bien que nous avons les moyens de t’accompagner dans tes projets. Alors ne pense pas que ta vie s’arrête parce qu’un garçon a décidé de partir. Après tes études, si tu veux aller en Europe, voyager ou poursuivre quelque chose ailleurs, tu pourras le faire.

Elle sourit.

-Même pendant les vacances. D’ailleurs, je pense que cette année, si nous le pouvons, nous devrions voyager en famille. Ça te fera du bien de changer d’air.

Cette idée m’a fait sourire pour la première fois depuis plusieurs jours.

-Oui, maman. Pourquoi pas ?
-Voilà. C’est ça que je voulais entendre.

Elle m’a embrassée sur la joue.

-Allez, ma chérie. Ne reste pas enfermée dans ta tristesse. Pense à ton avenir.
-D’accord, maman. Merci.

Elle s’est levée et a quitté ma chambre.

Je suis restée assise quelques secondes, seule avec mes pensées.

Les paroles de ma mère m’avaient fait du bien. Elles ne pouvaient pas effacer ce que je ressentais pour Klein, mais elles m’avaient au moins rappelé une chose : ma vie ne s’arrêtait pas avec cette rupture.

Peut-être qu’avec le temps, j’arriverais réellement à tourner la page.

A suivre

21/08/2026

C’est à ce moment-là que les deux grands frères de Klein sont arrivés en courant, alertés par mes cris.

- Elsine, qu’est-ce qui s’est passé ? demanda l’un d’eux, paniqué.
-Je ne sais pas… Je ne sais vraiment pas ! répondis-je, complètement affolée.
-…Comment ça tu ne sais pas ? Demanda le second
-On était ici, on avait mangé et on regardait un film. Klein s’est levé pour aller au salon et il a eu un vertige. Il m’a dit qu’il avait la tête qui tournait, puis il a trébuché et il est tombé. Depuis, il ne répond plus. Je ne sais pas ce qui s’est passé !

L’un de ses frères s’est immédiatement accroupi près de Klein. Il s’est rapproché de lui et a vérifié s’il respirait encore.

-Il respire encore, dit-il finalement.
-Il faut l’emmener à l’hôpital.
-D’accord… faisons vite ! répondis-je.

Pendant que l’un de ses frères s’occupait de Klein, l’autre a sorti son téléphone.

-Moi, j’appelle papa.

Les deux frères ont alors porté Klein jusqu’à la voiture de leur père. Ils l’ont installé à l’arrière, puis je suis montée avec lui.

-Je viens avec vous, dis-je.

Personne ne s’y est opposé.

L’un des frères s’est installé au volant tandis que l’autre prenait place à côté de lui. La voiture a démarré en direction de l’hôpital le plus proche.

Pendant tout le trajet, je n’arrêtais pas de regarder Klein. Il était toujours inconscient.

Mon cœur battait très fort.

Je n’arrêtais pas de me demander ce qui pouvait bien lui être arrivé.

Quelques minutes plus t**d, nous sommes arrivés aux urgences. Les infirmiers sont immédiatement venus chercher Klein et l’ont transporté dans la salle des urgences.

Nous avons dû rester à l’extérieur en attendant de savoir ce qui s’était passé.

Le temps me paraissait interminable.

Quelques minutes plus t**d, les parents de Klein sont arrivés précipitamment.

-Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda sa mère, complètement paniquée.

Je lui ai raconté exactement ce qui s’était passé.

Sa mère semblait bouleversée.

-J’espère que mon fils va aller bien…
-Il va aller bien, maman, tenta de la rassurer l’un de ses fils.

Nous sommes restés là à attendre des nouvelles.

Après un long moment, la mère de Klein s’est tournée vers moi.

-En tout cas, Elsine, merci beaucoup d’être restée avec lui. Mais je pense qu’il se fait t**d. Tu devrais rentrer chez toi. Tes parents doivent sûrement s’inquiéter.
-D’accord…

Je n’avais aucune envie de partir, mais je savais qu’elle avait raison.

Je suis donc rentrée chez moi avec le cœur lourd.

Tout au long du trajet, je ne pensais qu’à Klein. J’avais peur. Une peur profonde, celle qu’il lui arrive quelque chose de grave.

Lorsque je suis arrivée à la maison, ma mère était assise au salon. À peine m’a-t-elle vue qu’elle a remarqué que quelque chose n’allait pas.

-Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu as l’air aussi triste ?

Je me suis assise près d’elle.

-Maman… Klein a fait un malaise.

Elle m’a immédiatement regardée avec inquiétude.

-Un malaise ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je lui ai raconté ce qui s’était passé chez lui.

Ma mère m’a écoutée attentivement avant de poser une main sur mon épaule.

-Ne t’inquiète pas. Ça va passer. Il a peut-être simplement fait un petit malaise. Essaie de ne pas trop culpabiliser et surtout, ne stresse pas. Il faut attendre les nouvelles.

J’ai hoché la tête, même si au fond de moi, l’inquiétude était toujours là.

Je suis restée quelques instants avec elle dans le salon, incapable de penser à autre chose qu’à Klein.

J’ai pris mon téléphone et j’ai lancé un appel de groupe. J’ai appelé Yashika, puis Milena nous a rejoint quelques secondes plus t**d.

-Pourquoi tu nous appelles comme ça ? demanda Milena, inquiète.

Je leur ai alors raconté tout ce qui s’était passé avec Klein, depuis le moment où il avait eu son vertige jusqu’à son arrivée aux urgences.

-Oh là là… J’espère vraiment que ça ira, dit Yashika.
-Moi aussi… J’ai vraiment peur, avouai-je.
-….
-Je tiens énormément à Klein. Je ne veux surtout pas qu’il lui arrive quelque chose.
-Elsine, ne t’inquiète pas, me rassura Milena.
-Hummm!!
-Klein va aller mieux. Essaie de ne pas penser au pire.

Je suis restée silencieuse quelques secondes avant de leur dire :

-Vous savez, c’est justement parce que j’ai déjà vécu des choses difficiles dans ma famille que j’ai peur. J’ai perdu Michael, j’ai perdu Melda… Et maintenant, il y a Klein. Je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose, je ne veux vraiment pas.
-Ne pense pas à ça, Elsine, me répondit Yashika d’une voix douce.
-…
-Klein est vivant. Il est simplement à l’hôpital et les médecins s’occupent de lui. Tu ne peux pas déjà imaginer le pire.

Milena ajouta :

-Et puis, si tu veux, demain on peut aller le voir à l’hôpital. Ça ne nous dérange pas. On ira lui rendre visite toutes les deux avec toi.
-D’accord…
-Tu as le numéro de l’un de ses frères ? demanda Yashika.
-Oui, j’ai pris son numéro.
-Alors appelle-le demain matin pour savoir comment Klein va. S’il te dit que les visites sont possibles, on ira.
-D’accord.

Milena reprit:

-En attendant, essaie de te reposer. Je sais que tu as eu une journée éprouvante. Ne pense pas trop à tout ça. Prie simplement pour lui et garde espoir. Je suis sûre qu’après ça, tout ira mieux.
-D’accord… Merci les filles.

Nous avons encore échangé quelques mots avant de raccrocher.

Je suis restée quelques secondes avec mon téléphone entre les mains. Malgré leurs paroles rassurantes, je n’arrivais pas à chasser l’inquiétude qui me rongeait.

Tout ce que je voulais, c’était recevoir une bonne nouvelle le lendemain matin.

Le lendemain, après les cours, j’ai appelé l’un des frères de Klein, comme nous l’avions convenu.

-Allô ? C’est Elsine. Je voulais prendre des nouvelles de Klein. Comment est-ce qu’il va ?
-Son état est déjà plus stable. Mais pour l’instant, les visites ne sont pas vraiment autorisées à cause de son état. C’est assez particulier.
-D’accord… Mais est-ce que je peux quand même venir le voir ?

Après quelques secondes d’hésitation, il a finalement accepté.

Je me suis donc dépêchée de me rendre à l’hôpital.

Lorsque je suis arrivée, je suis entrée dans la chambre de Klein. Il était toujours inconscient. Il dormait profondément, sans même savoir que j’étais là.

Je me suis approchée de lui et j’ai doucement pris sa main.

-Je sais que tu vas aller mieux…Il faut juste que tu te rétablisses vite. Je t’aime beaucoup, Klein. Alors, s’il te plaît, bats-toi.

Je suis restée quelques minutes près de lui avant que son frère ne vienne me prévenir.

-Elsine, il faut déjà que tu partes. Les visites sont terminées.

J’ai hoché la tête.

Avant de partir, je me suis penchée vers Klein et lui ai déposé un ba**er sur le front.

-À bientôt…

Puis je suis sortie de la chambre.

Deux jours plus t**d, alors que je ne m’y attendais plus, j’ai reçu un message de son frère.

Klein s’est réveillé. Il demande à te voir.

Mon cœur s’est immédiatement emballé.

Je me suis rendue à l’hôpital dès que j’ai pu.

Lorsque je suis entrée dans sa chambre, j’ai été soulagée de le voir éveillé. Mais quelque chose dans son visage m’a immédiatement inquiétée. Il semblait épuisé et profondément perturbé.

-Klein…

Il m’a regardée en silence pendant quelques secondes.

-…..Comment tu te sens?
-Je ne comprends pas ce qui m’arrive, Elsine.
-Qu’est-ce que tu veux dire ?

Il a baissé les yeux.

-Pendant que j’étais, je me suis retrouvé dans une cage.

Je l’ai regardé, complètement déconcertée.

-Une cage ?
-Oui. Je ne sais pas où j’étais. Je ne sais même pas comment je suis arrivé là-bas. Mais j’étais enfermé.

Il a marqué une pause avant de poursuivre :

-Et il y avait… des épines.
-Des épines ?
-Oui. J’avais l’impression qu’elles étaient enfoncées dans mon corps. Comme si quelque chose me transperçait de l’intérieur.

Je ne savais plus quoi répondre.

-Les médecins ne comprennent pas ce que j’ai. Ils me donnent des soins, mais j’ai toujours cette sensation. Comme si quelque chose me mangeait de l’intérieur.

J’ai senti un frisson me parcourir.

-Ne pense pas au pire. Tu es réveillé maintenant. Tu vas aller mieux. Les médecins vont finir par comprendre ce qui t’arrive.
-Oui raison pour laquelle maman va venir avec un tradipraticien.
-Ah bon…
-…Oui Elsine car ce que j’ai n’est pas simple bébé.
-D’accord j’espère que tout va bien se passer.

Il a simplement hoché la tête.

Un peu plus t**d, sa mère est entrée dans la chambre accompagnée d’un tradipraticien. L’homme m’a regardée quelques secondes. Son regard m’a immédiatement mise mal à l’aise.

Puis, sans même que je comprenne pourquoi, il s’est tourné vers moi.

-Ma fille, rentre chez toi.

J’ai froncé les sourcils.

-Pardon ?
-Rentre chez toi.

Je ne comprenais absolument pas ce qui lui prenait.

-Mais pourquoi ?

Il ne m’a rien répondu.

Je suis finalement partie, complètement troublée par son attitude.

Une fois rentrée chez moi, je n’arrêtais pas de repenser à ce qui s’était passé.

Plus t**d, Jj’ai essayé d’écrire à Klein pour savoir comment il allait.

Aucune réponse.

Je l’ai appelé.

Toujours rien.

J’ai alors appelé son frère, mais lui non plus ne répondait pas.

Plus t**d, j’ai remarqué que le grand frère de Klein était pourtant en ligne. Je lui ai envoyé un message, mais il ne m’a pas répondu non plus.

Je ne comprenais rien.

Le lendemain, lorsque je suis arrivée au campus, mes amies m’ont immédiatement demandé des nouvelles.

-Alors, Klein va mieux ?

J’ai soupiré.

-Je ne sais même pas. Je lui écris, il ne répond pas. J’ai même écrit à son frère et lui non plus ne répond pas.
-C’est bizarre…
-Je sais. Mais je ne sais pas quoi faire.

J’ai essayé de ne pas trop y penser et de continuer mes journées normalement.

Une semaine plus t**d, Klein est finalement revenu au campus.

Lorsque je l’ai aperçu, j’ai été soulagée. Il avait l’air d’aller beaucoup mieux. Il marchait normalement, discutait avec ses amis et semblait avoir retrouvé toute son énergie.

À la pause, il est venu vers moi.

-Klein !

J’étais tellement heureuse de le revoir debout que je n’ai pas pu m’empêcher de sourire.

-Tu vas bien ?
-Oui… ça va.

Son sourire a cependant disparu presque aussitôt.

-Elsine, il faut qu’on parle.

Mon cœur s’est serré.

-Je t’écoute.

Il a pris une profonde inspiration avant de me regarder droit dans les yeux.

-On m’a beaucoup parlé pendant que j’étais à l’hôpital. Et… j’ai beaucoup réfléchi.
-À propos de quoi ?

Il a hésité quelques secondes.

-À propos de nous.

Je n’ai rien dit.

-J’ai vraiment aimé les moments qu’on a passés ensemble. Mais je pense que toi et moi… ça ne peut plus continuer.

Je l’ai fixé, incapable de comprendre.

-Quoi ?
-Je pense qu’on doit arrêter notre relation.

Ses mots m’ont frappée de plein fouet.

Je ne savais plus quoi dire.

Une semaine auparavant, j’avais passé des nuits à prier pour qu’il se réveille. J’avais eu peur de le perdre.

Et maintenant qu’il était devant moi, vivant et en pleine forme…

C’était lui qui venait de décider de me perdre.

A suivre

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