Les mots du silence
Poetry that unveil the truth
Tu t’accroches seulement au fait que je m’accroche à toi. Mais un jour, je n’aurai plus la force de le faire, et ce jour-là, notre amour s’éteindra.
27/07/2025
Je suis là, chaque jour, comme l’air dans la maison,
Présente dans les gestes, absente dans les noms.
Je fais tourner la roue, je répare les oublis,
Mais qui me regarde, quand je m’éteins la nuit ?
Je suis l’ombre douce des repas préparés,
Le cœur en veille, les larmes camouflées.
On compte sur moi comme on compte les heures,
Mais pas une seconde pour sonder mon cœur.
Je suis forte, oui, mais j’aimerais tomber,
Qu’on me prenne dans les bras sans rien demander.
Qu’on me voie, pas juste quand ça va mal,
Mais quand je souris, quand je vacille, quand je cale.
Je ne veux plus être la colonne, le pilier,
Sans jamais être l’âme qu’on vient rassurer.
Je veux être choisie, pas seulement utile,
Assez de vivre... indispensable mais invisible.
Je suis avec lui, et je sais que c’est pas lui.
Pas celui qu’il me faut, mais celui que j’essaie de réparer.
Et à force d’y croire, je m’abîme dans le miroir.
J'veux le sauver, le faire grandir,
le pousser à devenir l’homme que j’attends,
mais il fait semblant. Ou peut-être qu’il peut pas.
Et moi j’insiste…
J’me cogne encore, encore. Toujours au même endroit.
J’me reconnais plus.
Je joue un rôle, je tiens un fil,
et ça coupe dans le vif.
Je l’aime, je crois. Mais je m’aime moins chaque fois.
Et c’est là le pire. C’est quand tu t’oublies
pour aimer quelqu’un qui t’apprend pas à te souvenir de toi.
*Le sauveur*
J’ai voulu les recoller,
les cœurs fêlés, les âmes fendues,
avec mes mains pleines de silences
et mes yeux qui saignent l’écoute.
Je les ai pris comme on prend
une porcelaine tombée cent fois —
fragile, sale,
mais jamais irrécupérable à mes yeux.
Je croyais qu’aimer fort suffisait.
Je croyais qu’on pouvait étancher une plaie
en y versant un peu de soi.
Beaucoup de soi.
J’ai porté leurs cicatrices
comme si c’étaient les miennes.
J’ai parlé à leurs ombres,
j’ai fait des promesses à leurs fantômes.
Et moi ?
Moi, je me suis fissuré doucement,
sans bruit,
comme une tasse oubliée dans l’évier.
C’est étrange,
d’aimer tant ceux qui ne tiennent plus debout,
qu’on en oublie qu’on penche soi-même.
Mais je continue,
je recolle. Je recolle.
Je cherche encore les morceaux des autres,
même quand je ne trouve plus les miens.
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