Shaden Conseil
Siby Dadou
Psychopraticienne
Je t’accompagne avec douceur et clarté. Je t’apprends à lire ton cœur, guérir ton histoire et nourrir ta spiritualité. Je dépose ⬇️
Elle pensait que son mari avait perdu son travail.
Alors elle a fait ce que beaucoup auraient fait par amour : elle a été présente. Elle a soutenu. Elle a compris. Elle s’est adaptée à cette nouvelle situation financière.
Sauf qu’il n’avait pas perdu son travail.
Pendant qu’elle pensait que leur foyer traversait une période difficile, son mari finançait et gérait le foyer d’une autre femme.
Et je crois que c’est là que cette histoire dépasse largement la question de « l’autre femme ».
Parce que lorsqu’on ment à quelqu’un sur sa réalité financière, qu’on le laisse faire des sacrifices, se restreindre et s’adapter à une difficulté qui n’existe pas réellement… il y a quelque chose de profondément violent dans la découverte.
Ce n’est pas seulement :
« Il y avait une autre femme. »
C’est aussi :
« Pendant tout ce temps, je croyais vivre une réalité qui n’existait pas. »
Et parfois, après la découverte, la personne repasse mentalement toute son histoire :
Les sacrifices qu’elle a faits.
Les fois où elle n’a rien demandé.
Les moments où elle a culpabilisé de dépenser.
Les encouragements qu’elle lui a donnés.
La compassion qu’elle a ressentie pour lui.
Tout prend soudainement un autre sens.
Dans ce témoignage, il y a beaucoup à dire sur la trahison, le mensonge, la sécurité dans le couple et surtout sur ce qui se passe psychologiquement lorsque l’on découvre qu’une partie de notre réalité a été construite sur de fausses informations.
On en reparlera.
Et vous, qu’est-ce qui vous aurait fait le plus mal : l’existance de cette autre femme ou tous les mensonges qui ont permis de la cacher ?
On parle souvent de la polygamie du point de vue des adultes.
De la première épouse.
De la deuxième.
Du mari.
De la jalousie, de l’équité, des droits et des devoirs.
Mais beaucoup moins des enfants qui grandissent au milieu de cette organisation familiale.
Dans ce témoignage, elle raconte ce que cela a été pour elle d’être l’enfant de « la deuxième femme ».
La famille cachée.
Celle qui ne devait pas être présente à certains événements familiaux.
Celle qui devait attendre son tour.
Celle qui devait parfois quémander la présence du père.
Et c’est là que j’aimerais déplacer notre regard.
Les enfants, eux, ne sont pas dans un mariage polygame.
Ils n’ont pas choisi cette organisation. Ils sont simplement les enfants d’un père et d’une mère, avec les mêmes besoins fondamentaux : être aimés, reconnus, sécurisés, considérés et avoir accès à leurs parents.
Parce que derrière les choix des adultes, il peut y avoir des enfants qui grandissent avec cette question silencieuse :
« Pourquoi les autres ont-ils le droit d’avoir papa normalement et pas moi ? »
Et ce genre de vécu peut laisser des traces : sentiment de rejet, impression d’être moins important, besoin constant de reconnaissance, colère, comparaison entre les fratries ou encore difficulté à trouver sa place.
Le sujet ici n’est pas de faire le procès de la polygamie.
Il est de rappeler une responsabilité fondamentale : lorsqu’on fait des choix d’adultes, il faut aussi penser à ceux qui devront grandir avec leurs conséquences.
L’équité ne devrait pas seulement se penser entre les épouses.
Elle doit aussi se penser entre les enfants.
Et aucun enfant ne devrait avoir le sentiment d’appartenir à « la famille cachée ».
Est-ce qu’on parle suffisamment de la place et du vécu des enfants dans les familles polygames ?
Il y a la trahison de ton mari.
Et puis il y a celle de tous ceux qui savaient.
Ceux qui venaient chez toi.
Ceux qui mangeaient à ta table.
Ceux que tu accueillais avec le sourire.
Ceux à qui tu rendais service.
Ceux qui connaissaient ta bonté, ta générosité, ta confiance.
Ils te regardaient dans les yeux, te parlaient normalement, partageaient des moments avec toi…
Pendant qu’ils savaient.
Ils savaient qu’il avait contracté un second mariage.
Ils savaient que tu l’ignorais.
Certains l’ont couvert.
D’autres ont simplement choisi de se taire.
Et lorsque tout éclate, tu ne découvres pas seulement une autre femme.
Tu découvres une **mise en scène collective** dont tu étais la seule à ne pas connaître le scénario.
C’est peut-être ça qui fait le plus mal.
Repenser aux repas.
Aux sourires.
Aux conversations.
Aux moments de famille.
Aux « comment tu vas ? » prononcés par des personnes qui connaissaient une partie de ta propre vie que toi-même tu ignorais.
Alors tu ne sais même plus quels souvenirs étaient sincères.
La blessure dépasse le second mariage.
Elle touche à la confiance.
À la loyauté.
À la dignité.
À cette sensation terrible d’avoir été maintenue volontairement dans une réalité qui n’existait pas.
Et surtout, ne confondons pas les sujets : **on peut discuter du cadre religieux d’un second mariage sans utiliser la religion pour banaliser le mensonge, la manipulation ou l’humiliation d’une personne.**
Certaines femmes ne pleurent pas uniquement parce que leur mari s’est remarié.
Elles pleurent parce qu’en découvrant la vérité, elles découvrent aussi le véritable visage de plusieurs personnes qu’elles aimaient.
Et ça… c’est parfois un deuxième deuil.
💭 Peut-on réellement reconstruire une relation avec des proches qui ont participé, par leurs actes ou leur silence, à entretenir une telle mascarade ?
« Mon mari a vendu mon or… pour épouser une autre femme. »
Parfois, la blessure n’est pas seulement dans le fait qu’il se remarie.
Elle est dans **la manière dont cela a été fait.**
Cet or, c’était le mien.
Mes bijoux. Mon bien. Peut-être même une sécurité, des souvenirs, des cadeaux accumulés au fil des années.
Et un jour, j’apprends qu’ils ont été vendus pour financer son nouveau mariage.
Derrière cette histoire, il y a une question essentielle : **jusqu’où peut-on demander à une femme d’accepter au nom du mariage, de la patience ou de la religion ?**
Accepter une situation ne signifie pas accepter l’injustice.
Être patiente ne signifie pas se taire lorsqu’un droit est bafoué.
Et parfois, ce qui détruit le plus n’est même pas la présence d’une autre femme.
C’est de découvrir que pour construire ailleurs, quelqu’un a utilisé ce qui t’appartenait.
💬 Et toi, qu’est-ce qui t’aurait le plus blessée dans cette histoire : le remariage, la vente de l’or ou la trahison derrière le geste ?
La jalousie peut commencer par une douleur silencieuse : « Je ne trouve plus ma place. »
Puis, lorsqu’elle n’est ni reconnue, ni travaillée, ni maîtrisée, elle peut devenir rancœur, obsession… et parfois conduire à l’irréparable.
Dans ce témoignage, une sœur raconte avoir vécu le mariage de son frère comme une perte. Ils étaient très proches. Puis une autre femme est entrée dans sa vie, les habitudes ont changé, la proximité aussi.
Au lieu de faire le deuil de cette relation telle qu’elle existait auparavant et de construire une nouvelle place auprès de son frère, elle a voulu faire disparaître celle qu’elle considérait comme responsable de son éloignement.
Aujourd’hui, il y a le regret.
La peur.
La culpabilité.
Et surtout des conséquences qui dépassent largement ce qu’elle avait imaginé.
Ce témoignage nous rappelle aussi une chose essentielle : toutes nos émotions sont entendables, mais tous les comportements ne sont pas excusables.
Tu peux ressentir de la jalousie.
Tu peux souffrir d’une place qui change.
Tu peux avoir peur de perdre quelqu’un que tu aimes.
Mais ce que tu décides de faire de cette émotion relève de ta responsabilité.
Et lorsque nos actes mettent potentiellement la santé ou la vie d’autrui en danger, le silence n’est plus seulement une manière de cacher sa faute : il peut empêcher les personnes concernées de comprendre ce qui leur arrive et d’être correctement prises en charge.
Qu’Allah nous protège de la jalousie qui consume le cœur, nous donne la lucidité de nous arrêter avant de franchir certaines limites et nous accorde la capacité de réparer lorsque nous avons causé du tort.
Deux sœurs. Une excision. Et une seule reviendra.
Dans ce témoignage, une femme raconte son excision et celle de sa sœur.
Quelques jours plus t**d, sa sœur perd la vie.
Et elle, elle reste.
Avec ses souvenirs.
Avec la peur.
Avec l’incompréhension.
Avec des questions auxquelles personne ne répond vraiment.
Et peut-être la plus difficile :
« Pourquoi elle et pas moi ? »
Quand un enfant traverse un événement aussi violent sans explication, les mots qui ne sont pas prononcés ne disparaissent pas pour autant.
Ils peuvent laisser place à la culpabilité.
Celle d’avoir survécu.
Celle de continuer à vivre.
Celle de chercher à comprendre ce que les adultes autour de soi refusent parfois de nommer.
Puis il y a le silence familial.
Ce silence qui peut s’installer pendant des années autour d’un événement que tout le monde connaît, mais dont personne ne parle.
Parler de l’excision, ce n’est pas réduire une origine, une famille ou toute une culture à cette pratique.
C’est donner une place aux femmes qui l’ont vécue.
À leur corps.
À leur histoire.
À leurs questions.
À celles qui ont survécu.
Et à celles qui n’en sont jamais revenues.
Comprendre les mécanismes de transmission d’une pratique ne signifie jamais justifier ses conséquences.
Et parfois, des années plus t**d, mettre enfin des mots permet de commencer à déposer ce que l’enfant d’hier a porté seule pendant beaucoup trop longtemps.
À toutes celles qui portent encore cette partie de leur histoire en silence : votre parole mérite d’être entendue.
Et à celles qui ne sont pas prêtes à parler : votre silence vous appartient aussi.
Une pensée particulière pour sa sœur et pour toutes les petites filles qui ont perdu la vie à la suite de ces pratiques.
Témoignage
« J’ai marabouté ma coépouse. »
Je partage ce témoignage, mais je tiens à être très claire : je me désavoue totalement de ce genre de pratiques et je ne les partage en aucun cas pour les banaliser, les justifier ou les rendre acceptables.
La jalousie, la peur de perdre son époux, la rivalité entre coépouses, la colère ou la souffrance ne doivent jamais nous conduire à franchir certaines limites.
Aucun amour pour un homme ne mérite que tu désobéisses à Allah pour essayer de le garder.
Aucune rivalité ne mérite que tu mettes ta foi en danger.
Aucune femme ne devrait devenir une ennemie au point de chercher à lui nuire par des pratiques interdites.
Lorsque la peur de perdre quelqu’un nous pousse à nous éloigner d’Allah, il est peut-être temps de nous demander ce que cet attachement est devenu dans notre cœur.
À celle qui se reconnaît, de près ou de loin, dans ce témoignage : éloigne-toi de ces pratiques. Repens-toi sincèrement auprès d’Allah. Ne laisse ni la jalousie, ni la colère, ni l’amour d’une créature te conduire vers ce qu’Allah a interdit.
Craignons Allah dans nos blessures comme dans nos désirs.
Un homme reste un homme.
Et aucune créature ne mérite que nous mettions en péril notre relation avec notre Créateur pour elle.
Qu’Allah nous préserve, nous pardonne, purifie nos cœurs et nous éloigne de tout ce qui pourrait nous conduire à Lui désobéir.
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